Syndrome de l'imposteur en reconversion : comment valoriser vos 15 ans d'expérience?
- amelielutz
- 3 déc. 2025
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 déc. 2025
Vous avez 15 ans d'expérience, un CV solide, des réussites à votre actif... et pourtant, vous doutez de vos compétences ? Découvrez pourquoi le syndrome de l'imposteur frappe si fort en reconversion et comment transformer ce doute en force.
« J'ai 15 ans d'expérience en recrutement, mais je ne sais pas vraiment valoriser mes compétences. »
Cette phrase, je l'ai entendue récemment lors d'une séance de bilan de compétences. Elle venait d'une professionnelle expérimentée, reconnue dans son domaine, qui avait construit des stratégies de recherche complexes, managé des équipes et structuré des processus entiers. Et pourtant, elle se remettait constamment en question.
Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, vous n'êtes pas seul(e). Le syndrome de l'imposteur touche particulièrement les cadres en transition professionnelle. Cette petite voix qui vous dit que vos succès sont dus à la chance, que vous ne méritez pas votre place, ou que vous allez être "démasqué(e)" à tout moment.
La bonne nouvelle ? Ce syndrome n'est pas une fatalité. Comprendre d'où il vient et apprendre à valoriser objectivement vos compétences peut transformer complètement votre trajectoire professionnelle.

Pourquoi le syndrome de l'imposteur frappe en reconversion ?
Le paradoxe du cadre expérimenté
Plus vous avez d'expérience, plus vous êtes conscient(e) de ce que vous ne savez pas. C'est ce qu'on appelle l'effet Dunning-Kruger inversé : les personnes compétentes ont tendance à sous-estimer leurs capacités, tandis que les débutants surestiment souvent les leurs.
Quand vous envisagez une reconversion ou une évolution professionnelle, ce phénomène s'amplifie. Vous quittez votre zone de confort, vous explorez de nouveaux territoires, et soudain, toutes vos certitudes vacillent.
Les trois déclencheurs du syndrome de l'imposteur en transition
1. Le changement d'environnement
Vous avez peut-être brillé dans votre secteur pendant des années, mais dès que vous envisagez un nouveau domaine, vous vous sentez illégitime. "Qui suis-je pour me lancer dans le management de projet alors que je viens du recrutement ?"
2. La difficulté à nommer ses compétences
Vos tâches quotidiennes vous semblent banales. Sourcer des candidats, rédiger des synthèses, construire une stratégie... Vous faites ça depuis si longtemps que ça vous paraît facile. Résultat ? Vous minimisez leur valeur.
3. La peur du regard des autres
"Que vont penser mes collègues si je change de voie ?" "Et si je me trompais ?" Cette pression sociale amplifie le doute et vous paralyse dans votre prise de décision.
Les 5 signes que vous sous-estimez vos compétences
1. Vous dites « c'est juste mon travail »
Quand on vous complimente sur votre capacité à gérer des projets complexes ou à créer de la cohésion dans une équipe, vous balayez ça d'un revers de main. "Ce n'est rien, c'est normal."
La réalité : Ce qui vous semble normal est en fait une compétence rare que d'autres ne maîtrisent pas.
2. Vous attribuez vos succès à la chance ou aux autres
"J'ai eu de bons candidats, c'est pour ça que le recrutement a marché."
"Mon équipe était super, je n'ai pas fait grand-chose."
La réalité : Si vous avez su identifier les bons candidats ou créer une dynamique d'équipe positive, c'est grâce à vos compétences, pas à la chance.
3. Vous avez du mal à parler de vous en entretien
Vous préparez vos réponses, mais au moment de vous présenter, vous minimisez vos réalisations. Vous avez peur de paraître prétentieux(se) ou d'exagérer vos résultats.
La réalité : Valoriser objectivement vos compétences n'est pas de l'arrogance, c'est de la clarté.
4. Vous collectionnez les formations sans passer à l'action
Vous pensez qu'il vous manque toujours un diplôme, une certification, une compétence en plus avant de vous sentir légitime. Résultat : vous accumulez les formations sans jamais vous lancer.
La réalité : Vous avez déjà les compétences nécessaires. Ce qui vous manque, c'est la confiance pour les utiliser.
5. Vous évitez les conflits et avez du mal à vous affirmer
Vous préférez ne pas exprimer votre point de vue par peur de la réaction émotionnelle des autres. Vous doutez de votre légitimité à donner votre avis, même quand vous avez raison.
La réalité : Cette tendance à l'évitement est souvent liée à un manque de confiance en votre expertise, amplifié par le syndrome de l'imposteur.
Comment transformer vos tâches quotidiennes en compétences valorisables ?
L'exercice des 3 niveaux
Voici un exercice concret que j'utilise en bilan de compétences pour aider mes client(e)s à objectiver leurs compétences.
Étape 1 : Listez vos tâches quotidiennes
Exemple : "Je fais du sourcing de candidats"
Étape 2 : Identifiez la compétence technique
"Je maîtrise les techniques de recherche booléenne, l'utilisation des jobboards et des réseaux professionnels"
Étape 3 : Ajoutez le contexte et l'impact
"J'ai construit des stratégies de recherche pour des postes complexes en finance d'entreprise et en conseil stratégique, ce qui a permis de pourvoir 20 postes par an avec un taux de réussite de 90%"
Vous voyez ? Vous n'êtes pas "juste" recruteuse ou recruteur. Vous êtes un(e) stratège, un(e) évaluateur(trice), un(e) chef d'orchestre.
Utilisez l'IA pour objectiver vos compétences
L'intelligence artificielle peut être un allié précieux pour prendre du recul sur votre parcours. Voici comment l'utiliser concrètement :
Exercice pratique avec ChatGPT
Prompt à utiliser :
"Je suis [votre métier] avec [X] années d'expérience. Mes principales tâches sont : [listez 5-7 tâches]. Peux-tu m'aider à identifier mes compétences techniques et me suggérer des compétences transférables que pourraient mettre en avant ?"
Exemple concret :
"Je suis consultante en recrutement avec 15 ans d'expérience. Mes principales tâches sont : sourcing de candidats, rédaction de synthèses, construction de stratégies de recherche, évaluation de profils, management d'équipe. Peux-tu m'aider à identifier mes compétences techniques et transférables?"
L'IA va vous renvoyer une vision objectivée de vos compétences, sans le filtre déformant du syndrome de l'imposteur.
Important : L'IA est un outil d'exploration, pas de décision. Elle vous aide à ouvrir le champ des possibles, mais c'est vous (avec l'aide d'un(e) professionnel(le) si nécessaire) qui validez ce qui résonne vraiment avec vos aspirations.
Les stratégies concrètes pour surmonter le syndrome de l'imposteur
1. Tenez un journal de vos réussites
Chaque semaine, notez 3 réussites professionnelles, même petites :
Un feedback positif
Un problème résolu
Une compétence mobilisée avec succès
Au bout de quelques mois, vous aurez une preuve tangible de votre valeur.
2. Collectez les preuves externes
Demandez à d'anciens collègues, managers ou clients de décrire vos points forts. Leurs mots auront plus de poids que votre propre jugement ( exercie que l'on pratique lors d'un bilan de compétences) .
3. Pratiquez l'« humilité confiante »
Le psychologue Adam Grant parle d'humilité confiante : reconnaître vos lacunes tout en ayant une forte conviction en votre capacité d'apprendre.
Ce n'est pas :
❌ "Je ne sais rien faire"
❌ "Je suis le/la meilleur(e)"
C'est :
✅ "Je ne maîtrise pas encore ce domaine, mais j'ai prouvé que je sais apprendre et m'adapter"
4. Faites-vous accompagner
Le syndrome de l'imposteur est difficile à surmonter seul(e). Un regard extérieur bienveillant et professionnel peut faire toute la différence.
C'est précisément le rôle du bilan de compétences : vous aider à objectiver vos compétences, à les valoriser et à construire un projet professionnel aligné avec votre réelle valeur.
Le témoignage de Marine (prénom modifié)
Marine est venue me voir après 15 ans d'expérience en recrutement. Elle évoluait dans un environnement toxique où ses processus n'étaient pas respectés, où le management était défaillant.
Lors de notre première séance, elle m'a dit : "Je ne sais pas vraiment valoriser mes compétences. J'ai l'impression de ne pas être légitime pour évoluer vers le management de projet."
Ensemble, nous avons :
Listé ses compétences techniques et comportementales
Identifié ses forces (capacité à structurer, créer de la cohésion, communiquer avec délicatesse)
Analysé les secteurs et environnements qui lui correspondaient vraiment
Aujourd'hui, Marine explore des postes de chef de projet dans de grandes entreprises avec une culture d'entreprise saine. Elle a appris à nommer ses compétences, à les valoriser et surtout, à se faire confiance.

👋 Moi, c'est Amélie.
J'accompagne les cadres en transition professionnelle à retrouver du sens et de la clarté dans leur carrière. Après avoir réalisé plus de 200 bilans de compétences, je sais à quel point le syndrome de l'imposteur peut freiner même les professionnel(le)s les plus expérimenté(e)s.
Si vous vous reconnaissez dans cet article et que vous souhaitez clarifier votre trajectoire professionnelle, je vous invite à
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